• L'Indonésie ou les ravages du capitalisme absolu et dérégulé

     

    Dans notre excursion dans d'autres contrées étrangères, nous ne pouvions pas passer à côté de l'Indonésie, qui va nous intéresser maintenant. Si en France les copinages entre l'Etat et les grand industriels font des ravages, il n'y a rien de comparable avec ce qu'il se passe aujourd'hui en Indonésie. Que se passe-il en Indonésie ?

    En Indonésie, qui est un pays en voie de développement avec toutes les conséquences que cela suppose, vous avez beaucoup de gens qui, fuyant la misère des campagnes rurales où sévit généralement une rude famine, finissent par travailler dans des usines où sont fabriquées la plupart des vêtements que vous portez. Il s'agit de zones industrielles où le droit, les règles n'existent pas, où tous les comportements sont permis et couverts par le pouvoir en place. Les politiciens indonésiens d'ailleurs, s'en enorgeuillissent, puisqu'ils répètent à qui veut l'entendre qu'en facilitant le développement de ces usines, ils pourront réduire le chômage si présent dans ce pays. Qu'en est-il réellement ? Naomi Klein dans son ouvrage "No logo" a bien décrit ces enfers sur terre.

    La première chose qui frappe dans ces usines c'est la discipline militaire exercée par les dirigeants de ces établissements contre leurs employés. Ce sont ces baraquements sans vie, sans fenêtre même, c'est la vétusté du matériel, ces locaux où l'insalubrité est omniprésente. Personne ne semble se plaindre d'une telle situation. En apparence seulement. En réalité, ils sont terrorisés. Par qui ? Je vous laisse deviner. Au bout d'un moment que vous discutez auprès d'eux, les langues se délient. La première chose que vous vous dites, quand vous constatez cela, c'est la suivante : comment de tels comportements peuvent-ils être possibles ? Au XXIème siècle ! Comment peut-on commettre de telles horreurs ? Et pourtant... Doit on décrire ce qu'il s'y passe ici, sur ce blog ? Doit-on décrire ici la sauvagerie, car il s'agit bien de cela, exercée par ces dirigeants à l'encontre leurs salariés ? Alors ? Détaille-on ?

    Détaillons. Dans ces usines, vous n'avez pas le droit d'attendre ou d'avoir des enfants. Alors malheureusement, il arrive que des femmes, ne prenant pas assez de précautions ( mais on imagine aisément comment il doit être facile pour des individus sans ressources de trouver des pilules et des contraceptifs en Indonésie ) tombent enceintes, attendent des enfants. Les dirigeants ne l'acceptent pas, pour eux vous serez moins efficaces, vous travaillerez moins. Vous vous occuperez plus de vos enfants ( en quoi est-ce un mal, d'ailleurs ? ). Alors qu'est-ce qu'ils font ? Ils rouent de coups ces femmes de la façon la plus immonde qui soit pour qu'elles perdent leurs enfants. Et quand elles accouchent, ils arrachent les bébés naissants des bras de leurs mères, les jettent au fond des chiottes, donnent des coups de pieds sur leurs têtes et tirent la chasse.

    Dans ces usines, même les animaux sont bien mieux traités, et pour cause : ils sont très utiles pour les dirigeants contre ceux qui font de la résistance. Le matériel sur lequel travaille la plupart des ouvriers ne date pas d'hier mais d'avant hier, il est tellement vieux, tellement vétuste qu'il arrive ( et malheureusement c'est arrivé ) qu'une étincelle suffise pour provoquer un incendie. Et comme ces usines ont été construites n'importe comment, sans respecter aucune règle d'hygiène, aucune règle de sécurité, en quelques minutes, elles peuvent devenir un véritable brasier, dont les vapeurs toxiques peuvent provoquer la mort de plusieurs dizaines voire centaines de salariés. Aucune alternative pour ceux qui, réveillés en sursaut et près des flammes, se trouvant à l'étage, ont cherché à sauver leur peau : il n'existe pas de fenêtres. Ils sont donc brûlés vifs.

    Qui est responsable de telles dérives ? Qui est coupable ? Les dirigeants de ces usines bien sûr, qui eux roulent en Mercedes avec chauffeur, qui travaillent dans des bureaux climatisés, alors que leurs ouvriers, eux, cuisent à petit feu sous le coup de la chaleur indonésienne si intense, travaillant dans des conditions de vie épouvantables et inadmissibles. Mais qui leur a tout autorisé, qui les a couverts, qui est encore plus irresponsable encore ? Les politiciens. Seul l'Etat peut envoyer l'armée et la police réprimer des manifestants. Seul un Etat de non droit, corrompu, peut laisser perpétrer de telles dérives... Si ces dirigeants avaient fait aux employés américains le quart de ce qu'ils ont fait aux indonésiens, ils auraient été condamnés à la prison à vie et à des millions, voire des milliards de dollars de dommages et intérêts.

    Mais nous ne sommes pas aux Etats-Unis. Nous sommes en Indonésie.

    Système où une minorité d'industriels peuvent faire ce qu'ils veulent, voire obtenir du pouvoir ( ce qui est arrivé ailleurs ) le bloquage des salaires pour développer leurs activités respectives, au mépris total de ceux qu'ils employaient. Système où on peut vous forcer à travailler même si vous êtes de bas âge, vingt heures sur vingt quatre en vous maltraitant, en vous persécutant, en vous fouettant si vous n'allez pas assez vite. Système où comme en Chine, si vous manifestez, si vous voulez faire respecter vos droits, vous êtes fusillé, et la balle qui a servi à votre exécution sera payée par votre famille.

    Système dégradant, avilissant, coupable des pires méfaits, des comportements les plus inadmissibles, les plus insupportables, les plus immoraux, les plus inhumains, les plus catastrophiques pour l'environnement ( là, je pense à certains Etats africains notamment ) le tout couvert par les hommes politiques. Un système qui doit être rejeté, qui ne peut faire l'objet d'aucune tolérance, d'aucune compassion, en raison des désastres qu'il produit partout dans le monde.


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