• L'urgence scolaire

    On se souvient de l'époque des hussards de la IIIème République, où la récompense de l'effort,du mérite, l'ascenseur social avaient un sens. Une époque révolue pour Luc Chatel qui interrogé par les médias, se félicitent que nous ne soyons plus au temps où Jules Ferry disait " à cette heure ci, tous les enfants font une dictée ".

    A cette époque, un élève issu d'un milieu défavorisé ou modeste, devenait un petit bourgeois ou encore un français moyen, comme les surnommait alors le maire de Lyon, Edouard Herriot. Ils pouvaient espérer qu'un jour, leurs propres enfants pourraient intégrer une grande école et s'élever socialement. Le système scolaire fut alors méritocratique, puisque tout le monde était logé à la même enseigne, disposait des mêmes bases, et jouait son rôle d'ascenseur social. Par ailleurs, il n'était pas question d'éduquer les enfants, ce qui était la prérogative des parents, mais de les instruire, la nuance étant importante.

    Aujourd'hui, notre système éducatif a démissionné : beaucoup d'enfants ne savent ni lire, ni écrire, ni compter et bien sûr, ce sont les plus modestes, les plus démunis qui en font les frais. A côté de cela, les enfants issus de milieux aisés, favorisés, peuvent solliciter l'aide de professeurs travaillant dans le cadre de sociétés privées comme Acadomia, qui les aideront à progresser, soit à domicile, soit dans des locaux. Nous nous trouvons donc dans un système à deux vitesses. Au final, nous constatons que la plupart des grandes écoles ne comptent que des élèves issus de milieux favorisés, quant aux universités, elles sont payées par les familles modestes au profit des jeunes faisant partie des classes moyennes. La droite s'est toujours accomodée de cette situation, privilégiant les grandes écoles sélectives au détriment des universités, ou même des lycées de province. Malheureusement, les enfants des familles modestes sont de leur côté, totalement oubliés, laissés pour compte.

    Il serait pourtant bon que l'école revienne à sa mission principale, qui consiste à instruire les élèves, leur apprendre les bases, leur permettre de s'élever socialement. Il serait bon aussi que 70 à 75 % des élèves des universités, des écoles de commerce ou encore des grandes écoles soient boursiers, ce qui permettrait sûrement de rétablir un ascenseur social en panne. Tout comme il serait bon que l'on prenne différentes mesures pour encourager les voies professionnelles, qui conduisent généralement à l'emploi, et assurer la création d'entreprises notamment dans les quartiers difficiles. Il faut savoir que le département de la Seine Saint Denis est celui où il y a le plus de création d'entreprises. Comment mieux dire que la plupart de ceux qui y vivent veulent s'en sortir ? Pourquoi ne pas privilégier une politique stratégique visant à assurer le dynamisme des petites et moyennes entreprises, qui sont celles qui précisément, créent de l'emploi en France.

    Bien sûr, il est nécessaire d'avoir de la volonté, du courage politique pour à mener à bien des réformes qui sont soutenues aussi bien à droite qu'à gauche et qui iront nécessairement dans l'intérêt de ceux qui en ont plus besoin, qui rétablirait une égalité réelle des chances et permettrait à tous, par son effort et son mérite, de progresser. Nous n'avons plus droit à l'erreur, auquel cas, si rien n'est fait, le malaise social, démocratique, la défiance des élites n'ira qu'en s'accroissant. La résolution de ce problème constitue donc un véritable défi pour l'avenir. 


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