• La France doit changer d'état d'esprit

    La fiscalité est un sujet sur lequel la plupart des débatteurs politiques, selon leurs préférences partisanes, ne cesse de s’affronter alors même qu’une fois au pouvoir, ils mènent tous plus ou moins une politique semblable, qui n’est malheureusement pas celle qui sied le mieux aux intérêts économiques de la France.

    Bien sûr, il est facile de gloser sur l’Irlande et son impôt sur les sociétés à 12,5 % ou encore sur la Belgique qui n’a pas d’impôt sur les plus-values des entreprises, pas d’impôt sur la fortune, ni de prélèvements sociaux, ni d’imposition sur les loyers et beaucoup moins de droits de succession ( voire pas du tout si l’on est très riche et débrouillard ). Pourtant, d’autres pays sont attractifs.   

    L’Espagne, par exemple à qui il ne viendrait pas à l’esprit de mettre en place une fiscalité confiscatoire à l’endroit des plus riches et qui a de nombreux atouts : un impôt sur les sociétés à 20 % ( contre 36 % pour la France ) des charges sociales et patronales bien moins élevés ( respectivement 6,4 % et 30,6 %) mais aussi et surtout deux statuts qui assurent un écart énorme avec la France : le statut autonomo ou auto-entrepreneur et le statut de salaire de gérant. Quel que soit votre chiffre d’affaires ou votre salaire, vous payerez le même montant : si vous avez moins de 30 ans, 178 € et sinon 254,21 €. L’écart avec la France est presque de dix ! Par ailleurs, c’est Zapatero qui a supprimé en son temps l’impôt sur la fortune, confirmant à quel point la gauche espagnole n’a rien de commun avec son homologue française.

    Chaque pays a ses avantages comparé à la France. Le Portugal par exemple souhaite mettre en place un impôt sur les sociétés de 10 % pour attirer les capitaux chez lui, ce qui irait encore plus loin que l’Irlande avec son taux à 12,5 %. La Grèce en son temps envisageait de mettre en place une Flat tax à 25 % pour les mêmes raisons. Quant à l’Italie, Mario Monti propose déjà dans son programme de réduire les impôts de manière progressive. La Suède elle-même, citée en exemple par les socialistes a mené de profondes réformes au cours des années 1990, conduisant à la privatisation de pans entiers de services publics, une modernisation du marché du travail, la suppression de l’ISF et une forte réduction de l’impôt sur le revenu et sur les sociétés, ce qui a contribué à la reprise économique.   

    Si elle veut demeurer compétitive, la France n’aura pas le choix et sera contrainte un moment ou à un autre, de réformer en profondeur sa fiscalité en vue d’attirer les capitaux, les investisseurs étrangers et surtout éviter comme c’est le cas aujourd’hui de chasser ses talents, ses surdiplômés mais aussi ses riches. Dans le cas contraire, elle aura les plus grandes difficultés à assurer son redressement et fera à son corps défendant la richesse et la prospérité de ses proches voisins.  


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