• La victoire d'Enrique Pena Nieto va-t-elle changer la donne au Mexique ?

    Tout a été dit et écrit au sujet du Parti Révolutionnaire Institutionnel qui fut au pouvoir au Mexique de manière autoritaire durant plusieurs décennies, remportant bien souvent les élections en utilisant les pires procédés qui soient. Tout a aussi été dit sur Enrique PenaNieto, candidat du PRI qui remporta les élections au Mexique.

    Pourtant, cherchant sans doute à mettre un terme à l’image de marionnette de ce parti politique qui lui collerait à la peau, le nouveau Président cherche à imposer son style et a déjà frappé un grand coup si on peut dire en contribuant à l’arrestation d’Elba Esther Gordillo le 26 février dernier. Cette femme qui fut l’ancienne dirigeante du puissant syndicat des enseignants, a été inculpée pour avoir détourné 150 millions d’euros des caisses de sa propre organisation ! Or tout le monde sait que le PRI est considéré comme inféodé aux syndicats. Pourtant, l’actuel Président n’a rien fait pour la sauver, alors même que ses prédécesseurs cherchaient avant tout à préserver une certaine paix sociale.

    Par ailleurs, le Président et les membres de sa formation ont décidé de manière historique d’autoriser l’investissement privé sur le pétrole, qui était jusqu’à présent un monopole d’Etat et l’application de la TVA sur les aliments et les médicaments , qui devrait rapporter entre 6 et 12 milliards d’euros. Par ailleurs, une réforme des télécoms qui favorisera la concurrence au profit des consommateurs est une étape indispensable pour mettre fin aux monopoles qui paralysent le pays. Carlos Slim, première fortune mondiale, appréciera sûrement. Sans oublier une réforme du marché du travail, censée améliorer la compétitivité du pays. 

    Le Mexique a de sérieux atouts dans sa manche : sa consommation intérieure, sachant que le pays compte pas moins de 120 millions d’habitants, ses paysages qui attirent de nombreux touristes, son positionnement stratégique qui lui permet de capter 80 milliards de dollars de capitaux étrangers, sa pression fiscale parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. Seule ombre au tableau : la corruption encore présente et la violence dues aux trafics de toutes sortes. Le nouveau Président qui souhaite que son pays renoue avec une croissance de 6 % par an sera-t-il en mesure de mettre un terme à ces deux fléaux qui minent son pays ? Quoi qu’il en soit, sa volonté réelle ou supposée de vouloir bousculer les lignes pourrait y contribuer.


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