• Le chômage est-il voulu par les élites françaises ?

    On le dévine aisément : dans une société de plein emploi, le rapport de forces est au profit du salarié, qui peut toujours quitter son entreprise s'il n'est pas satisfait pour aller chez le concurrent d'en face. C'est ce qui oblige donc les employeurs à les augmenter, et c'est ce qu'il s'est passé sous Tony Blair en Angleterre, comme actuellement en Allemagne ( http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110226trib000604363/salaires-les-allemands-plus-gates-que-les-francais.html ).

    Dans une société de chômage de masse au contraire, le rapport de force est au profit des employeurs. On explique donc aux salariés qu'il leur faut se serrer la ceinture, qu'au vu du nombre de chômeurs, il y en aura toujours un qui sera ravi de prendre la place de tel ou tel. Les salariés n'ont donc aucun choix possible.

    Une autre raison, économique cette fois, peut justifier pareille politique : le niveau élevé des charges sociales pénalise durement l'activité économique et les rigidités à l'embauche, ce qui explique aussi pourquoi beaucoup d'employeurs n'embauchent pas. Dans le cas des TPE et des PME, qui n'ont bien souvent pas assez de trésorerie, cela peut se justifier, mais dans le cas des grands groupes, notamment la grande distribution, il est question de ne pas remplacer au maximum les départs en retraite et de rentabiliser au mieux les espaces de vente, de travail. C'est ce qui permet justement de faire toujours plus de profits, même si les clients, qui ont besoin de conseils, s'en trouvent alors pénalisés.

    On constate à travers ces chiffres la différence du taux de chômage en France avec ses homologues européens ( http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/emploi-protection-sociale/presentation/comparatif-le-taux-de-chomage-dans-l-ue.html ) et notamment un lien de causalité avec les cotisations sociales qui dans le cas français, ne cessent d'augmenter ( http://www.senat.fr/rap/r98-483/r98-48341.html )

    Pourrait-on blâmer les entreprises ? Au fond, si une minorité en profite allègrement, c'est le modèle économique et social actel qu'il faut repenser car il favorise toutes les dérives possibles et imaginables. Les patrons allemands, anglais, suédois ou canadiens ne sont pas d'une certaine façon, plus sympas que leurs homologues français au niveau de l'embauche ou des rémunérations. Le contexte économique de ces pays est différent et leur permet d'avoir plus de marges de manoeuvre. Il devient donc impératif d'agir avant que n'éclate des révoltes en France, ce qui ne serait dans l'intérêt de personne, surtout pas des salariés eux-mêmes. 


  • Commentaires

    1
    Petitfilou
    Mardi 15 Janvier 2013 à 22:23
    Salut Lama !  belle analyse !  bah oui, le patronat a plus les coudées franches avec un taux de chômage élevé. Dans ces conditions, c'est lui qui dicte les règles du jeu. Et il faut dire que ce patronat s'évertue à édicter des règles de plus en plus vicelardes. Il arrive même à trouver de la main d'oeuvre gratuite. Oui gratuite avec les stages-école : ces fameux stages dont la plupart des parents d'élèves sont enchantés .... Avec ce système, mon enfant se familiarise avec le monde du travail ....  oui, n'empêche que de plus en plus, leur enfant bosse réellement durant ces stages sans pouvoir prétendre à une rémunération.  Alors je dirai que le patronat devient de plus en plus vicelard et nous ...... de plus en plus naïfs et de moins en moins combatifs ..... voilà le problème. Bonne soirée à toi. Bien amicalement
    2
    Lama1983
    Mercredi 16 Janvier 2013 à 16:10
    Autant le dire, nous sommes mal barrés !
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