• Les raisons de l'expatriation

    Michel Rocard disait que l'on ne pouvait pas acceuillir toute la misère du monde. Au fond, le vrai problème n'est pas de permettre à des hommes, des femmes dans le dénuement de s'installer en France pour connaître de meilleures conditions de vie sociales. Le vrai problème, c'est que de plus en plus de jeunes quittent notre pays pour travailler à l'étranger ( http://lci.tf1.fr/economie/2006-02/jeunes-francais-expatrient-plus-plus-4875065.html ).

    Le phénomène n'est pas nouveau car on en parlait déjà en 1996, il y a 15 ans déjà de cela ( http://www.liberation.fr/economie/0101181870-les-jeunes-diplomes-francais-s-expatrient-en-asieles-entreprises-de-thailande-malaisie-et-singapour-sont-dynamiques-et-les-salaires-honorables ). Ce phénomène ne touche pas que les jeunes, puisque l'on voit ainsi des retraités décider de finir leur jours dans des pays étrangers, comme le Maroc pour les plus anciens au moment de la retraite ( http://www.bladi.net/forum/239166-francais-sexpatrient-maroc-retraite/ ) sans doute en raison du faible coût de la vie de ce pays, comparé au nôtre.

    Bien souvent en France, la principale barrière n'est pas le diplôme mais l'expérience professionnelle. J'ai moi-même vécu cette situation, envoyant sur le Net ou distribuant des centaines de CV, lettres de motivation. La plupart du temps, on ne me répondait jamais, et quand j'avais la chance de décrocher un entretien, on me répondait bien souvent, par la suite, que je n'avais pas l'expérience nécessaire pour le poste. Ainsi, j'ai connu personnellement des filles qui ont suivi des cours dans une école de commerce, à qui on a demandé des années d'expérience qu'elles ne pouvaient pas avoir en sortant de leur école. Résultat, elles se sont retrouvées dans le secteur de la restauration rapide, payées 750 euros par mois. Tout ça pour ça.

    Les exemples sont nombreux : le pire que j'ai pu connaître, c'était ce jeune homme qui a cumulé période de chômage et petits boulots pendant... 8 ans ! Vous avez bien lu : 8 ans ! J'en ai connu un autre, qui avait envoyé et distribué par divers moyens, comme moi, des centaines de CV et lettres de motivation. Il a eu trois entretiens qui n'ont débouché sur rien. Un jour, il a envoyé trois CV et lettres à trois entreprises canadiennes. Les trois entreprises ont répondu favorablement et lui ont proposé une embauche.

    On comprend mieux, dès lors, l'origine du mal français. Le pire, c'est de voir et connaître des jeunes brillants, qui partent travailler ou même créer leur entreprise à l'étranger, que ce soit en Espagne, au Canada, aux Etats-Unis ou encore en Australie, dernière destination à la mode. On imagine à l'avance les pertes fiscales pour la France qui se passe de personnes talentueuses qui créent de l'emploi et de la richesse ailleurs. Par ailleurs, c'est désespérant de se dire, quelque part, que pour travailler, l'on est contraint de partir à l'étranger. Pourtant, c'est de plus en plus une réalité. Ainsi, décrocher un CDI est devenu le privilège ultime, sans même parler d'un CDD.

    Pourtant j'ai rencontré des employeurs qui avaient besoin de personnel, de main d'oeuvre, et de l'autre côté, des jeunes prêts à s'investir dans leur travail. Seulement voilà, entre les deux, le coût du travail.( http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/donsoc06yv.pdf ). Ainsi, un certain nombre à la tête de petites entreprises m'ont dit que s'ils embauchaient, ils perdraient une grande part de leurs bénéfices. Quand on embauche quelqu'un qu'on paie au Smic, il faut effectivement savoir que le coût total pour l'entreprise représentera le double, indépendamment de ce que ce salarié pourra rapporter. Du coup, les entreprises deviennent frileuses et préfèrent des hommes ou des femmes dotés d'une très longue expérience. Seulement voilà, cela se fait au détriment de ceux qui viennent de quitter leur école, diplôme en poche. Et c'est ce qui explique pourquoi beaucoup font le choix de l'expatriation. 


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