Il est bien commode ces derniers de temps de tresser des louanges à Hugo Chavez par médias interposés. Il faut d'abord rappeler que ce dernier est d'abord et avant tout un militaire et il est assez cocasse de voir une certaine gauche l'idolatrer alors qu'elle n'avait pas de mots assez dur contre le Général de Gaulle en son temps, lui aussi militaire.
Il convient aussi de rappeler qu'au cours de l'année 1992, Hugo Chavez organisa un coup d'Etat contre le Président alors en place, Carlos Andrés Pérez le 4 février, ce qui le conduit en prison puis un le 27 novembre, avec l'aide de ses fidèles. Il est libéré par Rafael Caldera en 1994.
Il fonde ensuite le Mouvement 5ème République d'orientation socialiste et devient Président du Vénézuela en 1998, mène de nombreuses réformes dans le domaine agricoie, institutionnel ainsi que des nationalisations. L'opposition tente de le renverser par un coup d'Etat militaire en 2002 et de le faire révoquer, sans succès.
C'est à la suite de sa deuxième réélection en 2006 que les choses commencent à se gâter: il prend de plus en plus le contrôle de la presse en encadrant notamment les chaînes privées, plutôt favorables à l'opposition, par divers moyens ainsi qu'à l'égard de la culture et de la justice. Par ailleurs, il cherche à faire sauter l'interdiction qui lui est faite de se présenter sans aucune limite et à inscrire le socialisme dans la Constitution, ce qui sera rejeté par le peuple.
Si Chavez a été assez habile pour se servir des recettes pétrolières au profit des venezuelins les plus pauvres, réduisant de fait la pauvreté des ménages ainsi que la pauvreté extrême, s'il a bel et bien développé l'éducation et la santé au profit de ses compatriotes, le taux d'inflation demeure très élevé et la criminalité a explosé, tant et si bien que le pays est devenu le plus violent d'Amérique latine. Par ailleurs, l'économie du pays manque d'industries et d'entreprises innovantes, étant donné qu'elle est totalement dépendante du pétrole et ne s'est pas diversifié.
Bref, lorsqu'on voit un ministre d'outre mer, Victorin Lurel, déclarer que Hugo Chavez peut être comparé à de Gaulle et Léon Blum, mais aussi que le monde aurait besoin de dictateurs comme lui, s'il en était un, il fait littéralement fausse route. Il n'y a rien de comparable entre de Gaulle qui a su mener les réformes nécessaires, Léon Blum, qui n'a jamais songé à modifier les institutions de la IIIème République à son profit et Hugo Chavez.