Dans les années 1960, on accusait les commerçants, les artisants de pêcher par corporatisme, de défendre une France hostile au changement, à la modernité, comprendre la création des supermarchés, entre autres. Ils ont perdu leur combat et les centres commerciaux se sont développés en nombre. On nous a expliqué dans les médias que c'était formidable, mais que c'était aussi le symbole d'une nouvelle ère dédiée à ces temples de la consommation.
Aujourd'hui néanmoins, ceux-ci ont littéralement tué le petit commerce de proximité, à tel point que les cafés, les restaurants, les librairies, les épiceries, sans parler des boutiques de mode, ont progressivement mis la clé sur la porte, ne pouvant pas faire face à la concurrence frontale créé par ces géants que sont Carrefour, Leclerc, Casino, etc... Autrefois lieux de vie, de convivialité, créateurs de lien social fort unissant les habitants d'un quartier, ils ont laissé la place à des fast food, des succursales de compagnie d'assurances ou des banques. Pire : ils se font des marges plus que confortables sur le dos des producteurs, obligés de vendre à perte.
L'exemple récent de Virgin qui a tué de nombreuses librairies partout où il s'est implanté à travers la France montre que les commercants tiennent leur revanche : Virgin vient de subir un réel retour de boomerang en raison de la désaffection de la clientèle qui préfère des librairies de qualité ou encore l'achat par internet. Par ailleurs, les centres commerciaux sont eux aussi victimes de leur logique, certains récemment créés que ce soit le Millénaire à Aubervilliers ou encore Confluence à Lyon sont boudés par la clientèle locale. Les commercants tiendraient-ils enfin leur revanche ? Le modèle des centres commerciaux finira-il par s'écrouler à leur profit ? Affaire à suivre, donc; même si le retour des lieux de vie d'antan est à souhaiter.